vendredi 10 mai 2013

Bonnes adresses à Besançon

Besançon, capitale de Franche-Comté (techniquement, ça s'appelle plutôt une préfecture), est une ville de taille assez moyenne (120 000 habitants environ) à l'est de la France; très ancienne, elle aurait été le berceau de peuplements préhistoriques. Elle est traversée par une rivière, le Doubs, qui s'enroule affectueusement autour; là où la rivière se resserre, une colline s'élève. Dès lors, on comprend mieux son passé militaire : il s'agit d'une géographie extrêmement facile à défendre. Une citadelle, construite par Vauban et inscrite au patrimoine mondial de l'humanité depuis 2008, s'étale sur cette colline. Appelée colline de St-Étienne, elle est l'une des 7 qui entourent Besançon -qui en tire son surnom méconnu de "Petite Rome".

"la boucle du Doubs" autour du centre ancien de Besançon
Lors de mon passage en ville, j'ai pu découvrir quelques cafés et restaurants à l'intérieur de la boucle; j'ai notamment passé du bon temps dans le joli salon de thé "Bêtises et Volup'thé" que ma mère adore. Le décor est un peu girly, mais vraiment joli et agréable.


La carte présente toutes sortes de desserts qui semblent tous plus alléchants les uns que les autres, avec des noms pétiques -"Goûte ça et épouse-moi", c'est drôle de demander ça au serveur...

J'ai fini par opter pour "la variation autour de mon ange" : mon ange est une terrine qui avait l'air bien appétissante, et qui est servie dans sa variation avec une limonade pailletée. Mon café est d'abord arrivé, avec le lait chaud à part, et un cœur de zeste d'orange confite pour sucrer.


Le dessert est présenté de façon magistrale : en plus de la terrine, des petits chocolats, quelques fruits et des tourbillons de crème fouettée ornent l'assiette.

La limonade était délicieuse; l'or ne goûtant rien, son apport au plat est purement esthétique -mais magnifique. La terrine était un peu grasse, mais le mélange de praliné et beurre salé était intéressant. Ma mère a préféré un gâteau à mi-chemin entre le brownie et le fondant.

Au final, un joli endroit pour se poser tranquillement lors d'un tour en ville : le choix de thés est vaste et original, l'endroit a une atmosphère calme, et les gâteries ne manquent pas !


Le jour suivant, j'ai voulu essayer le resto-boulangerie "la Femme du Boulanger". Celui-ci est connu pour offrir du pain Poilâne, livré régulièrement de Paris. 


Malheureusement, il était déjà un peu tard (genre... 14h) et les tartines n'étaient plus offertes. J'avais oublié que bien des restos ferment en-dehors des heures "normales" de repas, heures durant lesquelles en revanche un tas de boutiques ferment  Je me suis donc rabattue sur le plat du jour, une tarte aux légumes avec un à-côté de sauce tomates, accompagnée d'une belle salade.


La tarte était très bonne, et la sauce tomate, excellente, l'accompagnait à merveille. J'ai accompagné le tout d'un bon café.


L'endroit est convivial, avec ses grandes tables et... ses sapins à l'envers au plafond. N'hésitez pas à ressortir de là avec une bonne miche de pain ou une petite douceur !


Autre resto testé, le bistro bio "Chez Victor". Un petit resto, lui aussi dans la vieille ville mais un peu en-dehors des sentiers battus, qui a un côté "je-mange-chez-mon-ami". On commande au comptoir, on discute spontanément avec le cuisinier, bref on se sent reçu comme à la maison. 


On a testé une tourte aux légumes et une farandole de légumes; cette dernière comprenait notamment des lentilles mêlées de carotte crues : le chef aime les mélanges cru/cuit et cuisine à sa guise les légumes bio de la coopérative située à quelques pas de là, de l'autre côté de la rivière.

Comme souvent, je me suis laissée tenter par un dessert; le gâteau était parfait : moelleux et bien chocolaté.


Pour info, le nom du resto provient d'un livre que le propriétaire aime particulièrement. Aussi, pour les fans de viande, n'hésitez pas à passer : il y a toujours au moins un plat à base de protéines animales afin de combler tout le monde.


J'ai profité du voyage pour refaire le tour de cette ville plutôt chargée d'histoire : fontaines et autres vestiges romains, palais de la Renaissance, diverses églises, ... Les monuments sont généralement blancs avec des taches beiges et ocres, réalisés en pierre locale, d'origine calcaire.

Fontaine place Jean-Cornet/Quais du Doubs avec l'église Ste-Madeleine au loin/Église St-Pierre/Palais Granvelle
J'ai aussi ramené un paquet de choses, principalement, évidemment de la bouffe. Comme je n'ai pas pris le temps de beaucoup vagabonder en région, la boutique Doubs direct m'a permis l'accès dans un seul espace à un tas de produits régionaux !

Bière blonde au vin jaune/Fontaine à absinthe/Moulin à poivre Peugeot/Cerises à l'eau-de-vie
La région comprend notamment un tas de microbrasseurs qui rivalisent d'inventivité; on produit aussi, en Haute-Saône, beaucoup de cerises, à partir desquelles des kirsch sont produits par les nombreuses distilleries, ainsi que des cerises macérées. Dans le Territoire de Belfort, c'est le berceau de Peugeot, qui, outre les voitures et les vélos, est connu pour ses moulins à épices -garantis à vie. Également, on peut trouver, depuis le retour de l'absinthe, spécialité séculaire de Pontarlier (anciennement le siège de la société Pernod, un géant français des boissons alcoolisées), de jolis objets entourant le rituel autour de la façon de servir cette boisson.

Les charcuteries sont légion, dont la fameuse saucisse de Morteau, ou encore le jésus. L'excellente limonade "La Mortuacienne", quasi-centenaire, existe en toute une variété de goûts : nature, pamplemousse, grenade, etc. Il y a même un cola La Mortuacienne.
J'ai également découvert les gaudes : une sorte de farine de maïs, qui peut être utilisée pour faire une bouillie (style porridge), ou bien ces délicieuses galettes riches en beurre.


Pour finir, sachez que la ville comprend pas mal de chocolateries; notamment Alain Ricot, qui a développé un tas de spécialités, comme le chocolat officiel du tramway (oui, Besançon aura un tramway, prévu pour décembre 2014), qui est un praliné à la fleur de sel, ou encore les coucougnettes -sortes de très bonnes dragées enrobées de chocolat.

Bref, côté bouffe, il y a de quoi ne pas s'ennuyer... ça vous fera peut-être d'y faire un détour si vous passez plus ou moins dans le coin prochainement !

mardi 7 mai 2013

Mobiles de bouffe

Calder, tout le monde à Montréal sait (ou devrait savoir) qui c'est : c'est lui qui a réalisé la sculpture emblématique présente sur l'île Ste-Hélène, "l'homme". Personnellement, je suis également une grande fan de ses mobiles : sobres, élégants et ludiques à la fois, on les mettrait aussi bien dans une chambre d'enfant que dans un salon raffiné, sans jamais se lasser de les voir tourner tout doucement...


Évidemment, un projet artistique associant Calder à la bouffe ne peut que me plaire; j'ai déjà parlé de l'artiste suédois Carl Kleiner.Il récidive ici, toujours en collaboration avec sa femme Evelina, pour créer des sculptures aussi aériennes et poétiques que celles de Calder, en hommage à ce dernier :


Sur Vimeo, vous pouvez d'ailleurs voir les mobiles en action : http://vimeo.com/55931015#
Si certains d'entre vous tentent le défi de copier ça, j'aimerais voir les photos !

vendredi 3 mai 2013

Café Humble Lion

Le café Humble Lion a ouvert il y a 3 mois en face du campus de McGill, mais il n'est pas fréquenté que par les étudiants : les amateurs de bon café se sont refilé le tuyau, et l'endroit, petit et chaleureux, est fréquenté par toutes sortes de clientèles.


Le café lui-même est effectivement délicieux, avec une mousse parfaite. Le Humble Lion sert du café de chez Intelligentsia et George Howell, dont vous pouvez également acquérir un sac de grains frais.


Si j'avais un café, j'adorerais aussi avoir une magnifique machine La Marzocco avec mon logo... Noire et turquoise, sur le comptoir fait d'une ancienne piste de bowling, on ne peut pas la manquer en arrivant, et les baristas l'utilisent à son plein potentiel. Bref, je vous conseille d'y passer !


mercredi 1 mai 2013

Pour l'amour du thé

Une petite revue de créations récentes autour du thé; que vous soyez plutôt sachets ou thé en vrac, vous trouverez toujours un produit de designer créatif, beau et original, et évidemment pratique !

- La tasse "SlingsHOT Tea Cup" : simple, élégante, efficace, pour essorer d'un geste vos sachets de thé. Le sachet ensuite reste en place dans l'anse.


- Le Teasquee, de Lékué, permet également d'essorer et de stocker le sachet soit pressé contre le verre, soit niché au creux de la pince en silicone, sans tacher la nappe.

 

- Le "Tea bag buddy" : une jolie collerette de silicone disponible en 2 couleurs, qui retient votre sachet de thé et peut ensuite être retournée sur la table -ou conservée sur la tasse, pour garder votre breuvage au chaud.


- L'infuseur-requin. Magnifique avec un thé aux tons rouges.


- L'infuseur-œuf, un beau produit danois en silicone disponible en 6 couleurs, qui permet également de remuer son thé avant de retirer l'infuseur.


- L'infuseur en stick; sur le même principe que précédemment (infuseur et agitateur à la fois), celui-ci mise sur un design sobre plutôt que ludique.

Évidemment, tout cela ne sert à rien si on n'infuse pas correctement son thé pour en extraire juste ce qu'il faut d'éléments aromatiques... voici un petit récapitulatif des temps et températures d'infusion pour que vous tiriez pleinement profit du thé choisi :


Pour finir... un thé, ça s'accompagne idéalement de gâteaux ! Voici une jolie recette de... sachets de thé en biscuit.


Je vous souhaite un agréable tea-time !


lundi 29 avril 2013

Retour en terres comtoises

Comme je vous l'ai déjà raconté, je viens de Franche-Comté, une région qui abonde en bons produits agricoles, et où je suis repassée brièvement le mois dernier.

Besançon, la capitale, vu depuis la Citadelle
Cette région, peu peuplée, a une identité assez forte, marquée par une histoire mouvementée; au final, elle n'a été intégrée à la France qu'en 1678, et certains y présentent des volontés séparatistes.

 Le Comtois est fier et aime sa devise "Comtois, rends-toi ! – Nenni, ma foi." Un tas de personnages célèbres y sont nés, tels que Louis Pasteur, Victor Hugo, Louis Vuitton, le pape Calixte II, ou encore Cadet Rousselle (mais oui !).
Trompe-l'oeil de Victor Hugo... sur la rue Victor Hugo
Terre de forêts et de champs où paissent tranquillement les belles vaches montbéliardes, elle abrite également des industries de pointe -Peugeot et Alstom sont notamment présents sur son territoire. Côté bouffe, il y a de quoi s'en donner  à cœur joie : fromages, charcuteries (jambons et saucisses de toutes sortes), légumes (champignons, pissenlits), poissons, vins et liqueurs en tous genres (absinthe, liqueur de sapin, l'incroyable et unique vin jaune, etc.)... Également bon à savoir, c'est là que se trouve la Maison de la vache qui rit. Pas le meilleur fromage du monde, mais au cas où ça vous intéresse, vous savez désormais.

Une amie m'a emmenée visiter une fruitière -nom des fabriques de Comté- dans la vallée du Hérisson. Les photos de la fruitière ne sont pas incroyables, ayant été réalisées à travers une vitre; quant à la vallée elle-même, on n'est presque pas descendues de la voiture, l'humidité extrême rendant ce jour-là les paysages invisibles depuis les belvédère. D'ailleurs, il était extrêmement désagréable d'être dehors plus de 5 minutes.
Le lait, provenant exclusivement de vaches de type montbéliarde, est généralement collecté de plusieurs fermes à la fois. Il est chauffé puis caillé (en haut à gauche). Le caillé est ensuite découpé et chauffé à 54°C pendant au moins 30 minutes; le comté est donc un fromage à pâte cuite -intéressant pour ceux qui décident de le déclarer à la douane en revenant au Canada. Le caillé est soutiré et déversé dans des moules perforés (en haut à droite) : le petit lait peut alors s'écouler. Le fromage est ensuite pressé (en bas à droite) et démoulé le soir ou le lendemain. Après préaffinage d'environ 1 mois, les fromages sont placés en cave d'affinage, sur des étagères d'épicéa. 

 
L'affinage durera généralement de 4 à 18 mois à une température de 10 à 19°C selon le résultat recherché par l'affineur. Personnellement, j'estime que les meilleurs sont à 18 mois : ils présentent un goût plus fruité, et se démarquent alors nettement d'un gruyère -ce qui est moins vrai pour un Comté plus jeune. À Besançon, j'ai eu la surprise d'en trouver un affiné 44 mois ! Avec un tel affinage, l'aspect fruité n'est plus la caractéristique principale, le fromage est plus âpre, avec des petits cristaux de sel, et vraiment étonnant -et délicieux. D'ailleurs, mon ticket de caisse indiquait "comté rare".

On est ensuite allées manger au restaurant L'Éolienne, non loin de là; tandis que je sirotais une limonade artisanale du Jura, mon amie avait pour entrée une terrine aux artichauts et comté, entourée de jambon, très savoureuse.
Mon plat était la tartiflette à la raclette, et cachait de la saucisse fumée sous la couche de patates; de l'autre côté de la table, des aiguillettes de poulet avec une sauce au morbier. Délicieux -vive les plats d'ici !

La suite dans un prochain billet, direction Besançon, la capitale.
Restaurant L'Éolienne

jeudi 25 avril 2013

Gâteau étagé citron/pavot/spéculoos

Un jour je suis tombée sur un blogue étonnant; le titre : "desserts for breakfast".
Quoi, quelqu'un qui mange des desserts dès le matin !!?! Bien que je ne pense aucunement me convertir à ce type de pratique, j'ai eu plaisir à parcourir les magnifiques recettes que réalise Stephanie, l'auteure du blogue; chaque photo donne envie de s’atteler dès le week-end suivant à reproduire l'une de ses délicieuses créations.

Gâteau au romarin, pamplemousse et huile d'olive
J'ai eu un coup de cœur pour celui qui associait le citron aux speculoos, et on l'a réalisé il y a quelques temps déjà -pour le Nouvel An en fait. On l'a très peu modifié; globalement, il s'agit plus de vous dire que la recette a été éprouvée, et elle marche vraiment bien. Par contre, on a doublé la recette du gâteau car le premier était trop plat; c'est entièrement notre faute : on n'avait pas vu que la recette était pour un moule de 6 pouces de diamètre, et le nôtre en fait 9. On a refait la recette avec de la farine blanche; le deuxième gâteau a beaucoup plus gonflé, et on a pu le couper en deux, pour avoir en tout trois étages. Du coup, on a doublé aussi la recette de glaçage, qu'on a moins sucré que dans la recette initiale; au final, le gâteau était énorme !

Pour trouver la pâte aux speculoos, mon premier réflexe a été d"aller chez Gourmet Laurier, ce qui a été fructueux; il est probablement possible d'en trouver dans un tas d'autres épiceries fines de Montréal.

Pour le gâteau, et des moules de 6 pouces de diamètre, les ingrédients sont :
1 tasse 1/4 (200 g) de farine (50 % complète et 50 % blanche)
1 cc de poudre à pâte
une pincée de sel
1 stick (120 g) de beurre
1 tasse (200 g) de sucre
le zeste d'un demi-citron
2 oeufs
1/4 tasse de lait
le jus d'un demi-citron
Quelques cuillerées de graines de pavot

Battre le beurre, le sucre et le zeste; ajouter les œufs et le beurre en battant à chaque addition. Alterner l'ajout des ingrédients secs (farine, poudre à pâte, sel, pavot) avec l'ajout de lait et du jus de citron. Répartir dans 3 moules identiques, et cuire à 350° environ 40 minutes.


Pour le glaçage :
1 stick 1/2 (180 g) de beurre
1 tasse de pâte à tartiner aux speculoos
2 tasses de sucre à glacer
6 onces (170 g) de fromage à la crème

Battre le beurre; y ajouter la pâte de speculoos, puis le sucre, tout en battant à chaque addition. Ajouter graduellement le fromage à la crème. Étendre sur chaque étage du gâteau; ajouter des copeaux de chocolat à chaque fois -si ça vous tente. Ce glaçage est agréable et facile à étaler -évitez d'en manger trop en même temps que vous le travaillez !


Recouvrir l'extérieur du gâteau de glaçage et décorer à votre goût. On a opté pour des physalis, et encore d'autres copeaux de chocolat.


En suivant ces instructions, vous aurez des étages plus petits que les nôtres; le gâteau semblera -presque- plus digeste.
Un gâteau impressionnant mais facile à réaliser, et délicieux ! Conseillé pour n'importe quelle grande occasion...